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Écrit par Raymond Caux   


Photo: recherche google

Souvent, après quelques années de pratique, les phases de vol près du sol deviennent "approximatives" alors que le droit à l’erreur est faible. Les champions réussissent ces phases car leur cerveau est disponible, et voici la bonne nouvelle : c’est accessible à tous en s’y prenant posément et dans le bon ordre. Avec trente ans de progrès en matériel, en pédagogie, et les mini-caméras pour décortiquer la gestuelle, pas d’excuse pour continuer à se faire peur ou mal et faire du tort à l’activité. Rien ne remplace un recyclage en école, mais voici quelques bases, les points communs entre les différentes phases critiques.

La préparation. Le matériel nous trahit toujours au pire moment, passons-le en revue pour éviter cela. L’aile est réglée pour ne pas nous obliger à nous battre. Le harnais bascule aisément couché, y reste quand on accélère (nécessaire en remorqué), se redresse facilement et aucun mousqueton ni fil radio ne pendouille à l'extérieur. Le casque ajusté ne tombe pas sur le nez. Les montures de lunettes arrondies ne peuvent pas blesser. La poignée du parachute est accessible des deux mains, le parachute sort quelle que soit la direction de traction, mais seulement si on le veut vraiment. La barre de contrôle est libre d’instrument, au moins au centre (obligatoire en remorqué).

Les outils. Nos capteurs privilégiés sont les yeux. Rien à glaner sur nos chaussures, donc regardons loin devant pour percevoir tout l'environnement dans notre champ de vision, comme dans les exercices d'équilibre. Ensuite, par principe un cerveau normal peut gérer des tâches complexes. Mais tout contact brutal avec le sol peut faire mal, le cerveau le sait et cela dégrade fortement ses capacités : c’est le stress, réaction animale naturelle qui sert à courir vite, pas à réfléchir ou faire des gestes fins. En vol, il est donc notre ennemi et nous cherchons à l’écarter pour garder notre qualité de raisonnement. Changer en même temps de position, de vitesse et d’inclinaison est véritablement un défi, qui retenté systématiquement va nous mettre en difficulté.

Soyons indulgents avec nous-mêmes : décomposons les phases et réalisons à l’avance tout ce qui peut l’être, de manière à n'avoir plus qu’une seule donnée à ressentir et une seule action à doser, tâche où le cerveau est très efficace. Pour réduire le stress, simplifions. Alors nous commençons à réussir régulièrement ces gestes, reprendre confiance, améliorer notre sensibilité, et finalement donner envie aux spectateurs de venir jouer avec nous. Il ne reste plus qu'à décliner cette stratégie dans les fameuses phases critiques : décollage, approche et atterrissage. Bons vols.

Raymond Caux

Mis à jour ( Mercredi, 28 Mars 2012 17:50 )
 

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