Février 2009 - séance d'entraînement sur le SMAAP NDLR: Pierre nous raconte dans ce texte son apprentissage du deltaplane avec le SMAAP en Espagne. Pour plus d'infos, voici les liens du simulateur et de l'école sur le web: http://www.smaap.com (en espagnol) http://www.smaap.com/frances/01Lamaquina.htm (en français)
J'ai un CDI depuis un mois, je ne tiens plus, dix ans que je bosse en interim et que j'économise avec cette idée, le budget est bouclé depuis 4 ans, depuis quelques semaines je scotche tous les soirs sur les sites de delta. J'évitais de le faire pour ne pas trop me mettre la pression... de toute façon... un jour... vers mes 35-40 ans quand je ne serais moins fougueux...que la foule de surfers au peak me tapera sur le système (ça fait quelques temps qu'il me tapent sur le système d'ailleurs...). Je deviens moins agressif par rapport aux jeunes...ils me taxent au take-off ces salauds ... y'a plus de respect...c'est la guerre... et les touristes, j'en parle même pas, ils font n'importe quoi...bref... quand je pourrai assumer le budget conséquent de cette activité magnifique... J'ai 33ans un CDI à 80%, pas de boulot le mercredi, et hyper faim de vol... je craque!!! Je recherche des infos objectives sur l'aile qui m'intéresse (démontable 2m, ce sera une Finsterwalder Charly Funfex double surface, ça fait 2-3 ans que je l'ai remarquée sur un forum consacré au parachute de secours). Prise de contact avec l'individu, allemand. Quoi??? tu la vends??? développe!!! Photos, explications, avec le harnais, le parachute, l'émerillon et les contrôles techniques allemands. 20 échanges de mails durant le week-end, l'affaire est conclue, je me frotte les mains, c'est allé super vite!!! j'ai eu trop de bol... à priori.L'école la plus proche est à Irun à 45 minutes de Bayonne. Ils ont un SMAAP... keskecé? Wikidelta.com... ça a l'air pas mal ça...prise de contact avec l'instructeur.
Mercredi 11 mars - RDV 11h SMAAP. m'a mailé Georges la veille. - OK. La machine se situe en hauteur, sur le versant d'une colline apparemment plus habituée aux chèvres qu'aux deltas. C'est un bras manipulateur 5 axes commandé par l'instructeur surplombant un tapis roulant. Georges (Jorge en espagnol) est là, accompagné par le propriétaire du champ et des biquettes absentes pour le moment. C'est le début de la saison, un rapide coup de nettoyage de l'entrée envahie par les ronces s'impose puis vient la mise en place de la machine: le générateur ronronne, la commande est branchée, le delta factice mis en place... dix minutes.
"Tiens" dit-il en me donnant un casque, des gants et un harnais que je ne manque pas de mettre à l'envers... L'homme de 48 ans est simple, expressif, énergique dans son élément (même speed, comparé à ma "mollesse", pour ne pas prétendre "zénitude"). Il donne l'impression d'être monotâche, son français est correct. Iil commence à m'expliquer la philosophie de l'école: 2 niveaux: au bout du premier, on vole debout (bof) à la fin du second, on vole couché, capable de se débrouiller comme un grand (ahhhhh)... qui débute... et en plus c'est une formation continue qui me permettra de revenir travailler mes gammes quand j'aurais un peu d'expérience, aaaahhh.
Action Il m'explique le premier exercice. Je m'accroche, le corps tendu, un peu pataud, le tapis roulant accélère et je plonge sèchement pour me laisser suspendre par le harnais dès que je sens le delta monter. STOP... C'était pas ça qu'il fallait faire. Il reprend les explications (décontraction, inclinaison du buste, accélération continue, regard, position des mains, se laisser lever par l'aile...) insiste et c'est reparti... finalement j'y arrivei...
2e exercice: décollage, virage en direction de la maison sur le versant en face, retour au tapis roulant, poussé, posé ; tout ça exécuté plusieurs fois d'affilée, ponctué par de courtes pauses explicatives, beaucoup de rigueur exigée et c'est reparti. Finalement ça commence à rentrer.
3e exercice: le même, mais en vol, il y a des coups de vents latéraux qu'il faut gérer pour conserver le cap, et l'aile ne s'arrêtera pas de tourner si je me contente de la mettre à plat. "INERTIA" me claque dans les oreilles. Ok, petite pichenette pour compenser l'inertie théorique de la machine volante...
Deux heures se seront écoulées, je suis sec, surtout dans la tête, les réflexes se mettent en place, les repères se bousculent car ils ne correspondent pas tout à fait à mes fantasmes d'ignorant...
Samedi 14 mars e-conversation de la veille: - 10h SMAAP - OK, café? - OK C'est reparti, un peu plus à l'aise que la première fois. Me revl'a suspendu à une grue, en haut d'un pré à quatre mètres du sol (ne parlons pas d'altitude pour l'instant). "INERTIA!!!" Cette séance, nous sommes deux deltistes en herbe et une future parapentiste. Le changement de jouet factice se fait au prix de quelques développés-jeté et contorsions, puis la jeune fille se retrouve au milieu d'un tricot. On rechange pour faire un petit coup de delta...etc...
J'aurais fini ma séance par des décos puis des 8 ponctués de rafales transversales plus ou moins soutenues, finissant par le poussé final avec course sur le tapis roulant. Manger, faim!!. En Espagne, quand vous commandez un poulet frite, il vous servent carrément un poulet entier; c'est bien ça... Petit saut au local. Plein de sellettes, des deltas, des morceaux de profilés aérodynamiques en carbone, perceuse d'établi... On charge le delta d'école sur la galerie, direction la pente école, ou plutôt le plat école, en France. Montage de la vraie machine volante sous les instructions de Georges. Explications de l'exercice par le chef et c'est parti. Course d'élan, changement de position des mains...sermonage... "ACCELERRRATIONNE PRROGGRESSIVE"... ouais ouais, d'accord, mais j'ai un poulet dans l'estomac qui a oublié de me refiler sa science avant que je l'engloutisse.
Georges me rabâche que j'aurai pas le droit de jouer à l'oiseau tant que ma technique ne sera pas parfaite. L'après midi se sera bien passée, ça fait plaisir d'avoir un contact intime avec cet engin qui me fait rêver depuis... depuis... perpet; d'avoir des sensation réelles plus douces que le simulateur (asservi un peu brutalement et plus physique que dans la réalité mais c'est un problème mineur). Retour à Bayonne... INERTIA...nan, en bagnole y'a pas besoin.
Mercredi 18 mars Plat école, plus à l'aise dans l'accélération, plus de réactivité pour contrer les rafales transversales mais manque de pêche dans le poussé final. Faudra que je fasse gaffe à bien relever les mains pour avoir un bras de levier plus réactif et y mettre plus de peps en restant détendu. Petit coup d'oeil sur le bouquin de la ffvl (manuel du vol libre) : "mains ouvertes et bras perpendiculaires au montant". La prochaine session simulateur, je ferais bien gaffe à ça.
Jeudi 19 mars Putainnnnnn, j'ai mal aux cannes: cavaler avec 25 kg sur le dos en contrôlant un truc qui demande qu'à me foutre par terre, ça tue. Y'à des muscles dont j'ignorais l'existence qui apparaissent. Je marche comme un cowboy. Aujoud'hui, c'est jour de fête: l'allemand, oh pardon, Jean Noël, mon Messie, a amené l'aile à mes parents dans le nord-est pour qu'ils me la ramènent à Pâques (ils comptaient de toute façon faire un coucou à leur rejeton qui a mis les voiles du pays gris). Tout S'est bien passé, le gars est, d'après mon daron, super sympa, c'est ce que j'avais imaginé. C'est sûr qu'il passera à Bayonne et qu'on se fera quelques vols...un peu de surf aussi, si il veut. Bref, tout ça pour dire qu'à moins d'un scénario catastrophe (incendie d'immeuble, envol de l'aile sur l'autoroute, pénurie de pétrole, tremblement de terre... nannnnn!!!!) elle sera là dans 3-4 semaines et j'aurais plein de paquets cadeau à ouvrir, yahouuuuu. Ma mère voulait la mettre au garage "Mais ça va pas m'man!", donc direction ma piaule-bureau-atelier... En attendant, elle traîne dans le salon et mes parent hallucinent sur le volume de matos à trimbaler, j'entends d'ici mon père ronchonner... merci papa... bisous maman...oui maman, je ferai gaffe...oui papa, je sais, c'est big mission mais le Général de Gaulle n'était pas dispo...
Mercredi 25 mars Plat école, vent de nord 15 km/h, putain c'est chaud pour tenir le bestiau. Là, l'incidence de l'aile et son horizontalité, n'est pas évidente à trouver; il faut compenser les petits coups de vent, réagir de suite sous peine de mettre au sol les extrémités de l'aile, de basculer en arrière ou de soulever un autobus. Pas folichon donc, le début de la séance; l'aile sautille lors de la course, je gère pas bien les arrêts poussés: l'aile touche de son extrémité une fois le poussé effectué, perte d'équilibre...laborieux, y'a des jours sans... On en discute avec Georges; ça me saoule: je suis en apnée lors de la prise d'élan, le cerveau ne fonctionne pas, alors forcément je fais des conneries; Georges me dit qu'il expire pendant sa course d'élan...
Développé jeté de l'aile, pieds écartés, aile stabilisée, remplissage de poumons , petit pas, pfffffff, petit pas plus rapide, encore pffffff, léger trottinage, toujours pffffff, changement de main (l'une après l'autre bien sûr, sinon l'aile fait ce qu'elle veut) pffffff, grand galop, inspiration (ben ouais, faut bien changer à un moment), course aérienne, respiration normale... ça marche ;-) ... Deuxième tentative pour valider la technique: l'aile ne sautille pas lors de la course, les sensations dans les mains sont bonnes, le changement de main nickel, le poussé adapté... adjugé vendu... PERRRRFECTO!!! Georges confirme...
Je n'aii pas pu expérimenter un expiration énergique lors du poussé de freinage, histoire de freiner brutalement l'aile: en effet, un poussé un peu trop énergique en début de séance (un rien énergique, mais y'avait 15km/h de vent... je m'étais promis de soigner mes poussés ce coup ci...) m'a retourné comme un crêpe. J'ai, par contre, découvert le doux contact avec la structure en tube d'alu de mon engin... pas de bobo, la chute s'est faite au ralenti, amortie par les 15m2 de toile.
Sensations mitigées aujourd'hui; la prochaine fois, je mettrais l'accent sur la fameuse respiration pour confirmer ça et sur le poussé final... si y'a pas trop de vent...
Mercredi 1 avril Poisson d'avril, j'ai la tête dans le cul. Aujourd'hui, c'est smaap. Déplorable, impossible de me concentrer. Note pour plus tard: "Mon petit pierrot, si tu le sens pas, n'y va pas". Cela doit être dûr de jeter l'éponge mais faut pas jouer au con. Passons cette journée, malgré tout instructive sur les conditions de forme personnelles... Adioooooos.
Samedi 4 avril Plat école, j'pète la forme. Ça fait plaisir de retrouver de "vraies" sensations. Une machine (smaap) reste une machine, aussi pratique soit elle... Petits défauts à corriger: Lors du changement de mains lors de la course d'élan, j'ai tendance à mettre l'aile un peu trop à plat, bien que lors de la course elle ne sautille pas trop. Pas de problème me dit Georges, c'est original, mais ce n'est pas un défaut majeur. Bon, ben puisque tu l'dis...Heureusement, mes grandes guibolles me permettent d'avoir suffisamment de vitesse.
Autre problème, au début de la course, avant le changement de mains, je ne réagis pas aux vents latéraux, j'ai pas la présence d'esprit de conserver une assiette horizontale, le phénomène s'amplifie, ça part en couille, la suite de la course devient pittoresque, l'aile finit par taper. À corriger... améliorer la perception de l'aile dans les épaules (horizontalité des épaules?)
Grosse connerie: J'ai oublié de m'attacher, ça fait bizarre quand l'aile s'envole sans me soulever. J'ai bien vu dans le manuel du vol libre que la moitié des accidents graves étaient dûs à cette bêtise, je m'étais dit que si ça m'arrivais, moi qui suis plus malin que tout le monde, je lâcherais tout avant de me faire emporter... ben non... doit y'avoir un réflexe de survie à acquérir là... bien que Georges m'ait dit qu'avec un harnais allongé, on accroche le harnais et on se glisse dedans, donc pas de risque... c'est pas une raison...
A part ça, belle journée, pas trop de vent, à l'aise. Ca fait plaisir...j'ai eu droit à quelques "PERRRFECTO"... Ahhhhhh!
Samedi 11 avril Tadam!!! Aujourd'hui c'est la fête du jambon à Bayonne; au programme, tout le quartier est retapissé en bordel à jambon avec dégustation de jambon et produits dérivés, restos sauce jambon et jambonnettes à patte... et ce soir, grosse beuverie dans le quartier, et... mes parents débarquent avec quoi?... mon nouveau jouet!!
23H: - Pierre, on est au parking, mais dis donc y'à du monde dans ta rue! - Ben ouais, c'est la fête du jambon. - Hein? - C'est la fête du jambon!!! Vidage de la bagnole des parents, comme d'hab remplie à craquer, sacs de voyage, appareil photo, 2 VTTs, encore du bordel... et... un finsterwalder funfex avec harnais et parachute de secours...yahoooouuuuuuu!!! Donc, traversage de foule avec notamment (je vais pas m'étendre plus que ça sur le reste) un delta sur le dos et montage des 5 étages à pattes (l'immeuble est autant aux normes que les festayres ronds comme des mickeys dans la rue). Le plus chaud ça à été le sacs de tubes, y doit bien peser 20 kg celui là....portage sur l'épaule, j'ai dégusté... rien à f...
Une dixaines de minutes plus tard, ziiiippppp, qu'est ce qu'il y a dans ce sac??? Je jette un oeil dans tous les sacs, tout a l'air nickel, c'est cool... mon père me brandit un petit sac... - Encore ? - Jean Noël t'as donné ça, c'est une pièce de musée. un altivariospeedomètre bien old school avec cadran analogique et petit hélice à fixer sur le trapèze, pittoresque! Ce sera parfait pour faire les réglages et sûrement suffisant dans un premier temps (surtout vu les sommes claquées récemment et prochainement. En plus, je ne peux pas m'empêcher de zieuter les jouets de compet... un jour, dans 2 ans,...) Merci Jean Noël! Bonne nuit les petits... merci papa, merci maman, vous avez assuré!
Samedi 18 avril Arrivée devant le simulateur à 11h30, lendemain d'une soirée avec les collègues de taf un peu arrosée, on va direct voir la zone d'atterrissage: un champ en contrepente, barré d'un chemin, donc deux demi-terrains. Georges me montre les deux marques autour desquelles je vais faire des 8s avant d'atterrir, tempère mes questions, me réexplique. "T'auras deux radios". C'est reparti, direction, le déco. Pendant la montée, je ne peux m'empêcher de faire joujou avec mon altivariospeedo et ses boutons, faire peur aux cyclistes le long de la route avec le mini ventilateur; ça fait 'bip bip' dans la montée, c'est rigolo... Georges connaît ce matos, RAS.
Le point de vue du déco est superbe, avec vue sur la mer, décollage face au nord, virage à 60-70°, cap entre ma montagne et la butte qui cache l'atterrissage... C'est par ça que je vais commencer alors? Retour au SMAAP, c'est parti pour 30 min : déco, assurer l'objectif, 3 virages, 3 virages avec inertie, 3 virages longs (tous de coups de vent plus ou moins longs et puissants) , 5 huits, prise d'axe de l'atterro, 3 coups de vents latéraux à compenser durant la phase d'atterro, atterrissage; le tout répêté plusieurs fois. Nickel, mis à part que je n'ai pas vérifié avant le départ si j'étais bien accroché... Aviateur Pierrot est prêt...à débuter.
Mercredi 22 avril "C'est quand tu veux..." Inspiration, expiration, insp... J'vais quand même pas me chier dessus... ..iration, expiration, débranchage de cerveau, roulez jeunesse, rien ne va plus, tronche encastrée dans le trapèze, à bloc, ça y est je vole, putain ça trace... Normal, je tire comme un malade sur le trapèze; le vent siffle, la montagne d'en face se rapproche, whouuaaa (pas spécialement éclatement de joie, plutôt légère hallucination plein la gl... ) j'suis haut là! Purée, faut pas que je tire comme ça, je relâche, ça ralentit, ouhhh putainnn, pas décrocher, mayday mayday, je retire dessus, ça siffle, la trajectoire est brouillonne. Whouaaa, ça va vite! Mince, le ravin est en dessous. Faut qu'je tourne! J'incline précautionneusement, (bon, tu tourne toi?), je lui remets un petit coup sur la tronche, virage, INERTIA, début de la ligne droite, ça y est, je vole... prise de cap direction Georges qui est en bas.
Visuel. "Ralentis, Pierre!" Je relâche un petit peu, le sifflement s'atténue, l'inquiétude augmente. T'es sûr que j'vais pas décrocher là??? Je tire discrètement. "Ralentis, Pierre!" M..., il m'a grillé!

Visuel de la première marque, j'lui fais l'extérieur, je regarde la deuxième, prise de virage, alignement moins quelques degrés, INERTIA, rebelotte vers la première. - Allez Pierre, va vers l'atterrissage! Cap vers l'atterro, à raz les pâquerettes. - "EMPUJAR" - "nann" - "EMPUJAR" - "naannnn" - "Maintenant!" Trop tard, les roues touchent, je laboure avec les genoux, grand sourire, c'est coooool.
Pas trop de réflexions de Georges, à part laisser la place aux deux parapentes qui suivent, commencer à démonter le delta, on a le temps de s'en refaire un petit, faut se presser, grand sourire quand même. Remontée au déco. "T'allais trop vite". C'est reparti pour un tour. Je glande dans le harnais en attendant que Georges redescende, je regarde les câbles, les vis, le mousqueton qui me tient accroché, m'encastre l'oreillette jusqu'à me décrocher le tympan, rezieute les câbles. Le premier parapentiste part, je me rapproche du déco, regarde ce vol silencieux, intériorisation, répétition de la gestuelle des mains pour le déco, vidage de tête...
"C'est quand tu veux!" Inspiration, expiration, inpiration, exp...premier pas lent, deuxième plus rapide, troisième, ça se soulève, quatrième, je quitte le plancher des vaches. Tirage délicat du trapèze, pas de bruits aérodynamiques, "Ah ben non ça se casse pas la gueule..." Trajectoire propre, arrivée au dessus du ravin, virage à gauche, INERTIA, ligne droite des stands, trajectoire propre, R.A.S. Mince...., il est où, j'le vois pas. - "Plus à droite, Pierre!" Où est-ce qu'il est? - "Plus à gauche, Pierre" Où est-ce qu'il est?
Ah, ça y est, vitesse adaptée il me semble, cap sur la première marque, passage de la première marque, zieutage de la deuxième, virage léger à gauche, passage de la deuxième marque, zieutage à 150°, inclinaison... "Tourne!" Inclinaison..."N'accélère pas!" Poussé léger, cap sur la première marque, c'est reparti... petite tendance générale à accélérer dans les virages... - "Allez, Pierre, va vers l'atterrissage!" - "Okayyyy" - "Attention aux arbres!" Léger virage à gauche... - "Attention aux arbres!" Virage à gauche, les pâquerettes se rapprochent, je mets les mains en position de pousser... - "EMPUJAR!" Poussé sec, paumes ouvertes, très légèrement remontées. Mesdames et messieurs, le vol 415 vient de se poser...
Même pas tombé. Sur les pieds comme une fleur! Grand sourire, Pierre content! Je déplace le delta en dehors de la zone, grand sourire, je pose le delta, grand sourire, Georges vient me voir, grand sourire: "Bien pierre!" Grand sourire, grand sourire, grand sourire.
Je commence à démonter le delta, mon cerveau commence à atterrir, je tchatche avec les autres aériens, blablabla,... grand sourires, le cerveau atterrit lentement... je commence à me rendre compte que j'avais allumé comme un bourrin au premier vol. Georges m'a dit que pendant le deuxième vol j'étais encore un peu trop rapide, que j'accélérais dans les virages, qu'il fallait faire comme dans le simulateur: déplacer le trapèze sans tirer. J'me suis rendu compte qu'au déco je n'ai pas basculé en avant avant de commencer à courir.
Ça, c'est fait...tout s'est bien passé, c'était génial, j'suis piqué, repiqué, surpiqué, quand est ce qu'on recommence? C'est que le tout petit début... le vol allongé, les ascendances, les sommets, les vols avec les oiseaux, les vols en groupe, l'horizon dégagé, les nuages, les paysages, les décollages tractés, les vols au dessus d'une mer de nuages, des maxis loopings seul au monde, l'immensité atmosphérique, les attaques d'oiseau, les turbulences, l'acrobatie, les piqués échappatoires, les survols de plaines inhabitées, les rases mottes plein pot à consommer avec modération, la plénitude devant l'immensité du ciel qui va du sol à la stratosphère, les vols bivouacs en groupe, le deltaplane, merci Monsieur Rogallo et tous les autres...
"On veut te voir voler!" Samedi 2 mai, les vieux sont de retour de vacances. RDV 18h devant le QG de la police espagnole d'Irun. Super, on se dit bonjour et on trace vers le local. 20 minutes de tchatche et c'est parti. Embarquement des parent dans un minibus de jeunes et moins jeunes, le coffre plein à craqué de trucs volants. Nous voilà une demi-heure plus tard au déco, ça s'active. Les parents gardent leur distance de spectateurs, Georges part en parapente biplace puis viens mon tour. La course d'élan se passe bien, j'ai accéléré (inclinaison de l'aile) sur la fin alors que ce n'était pas nécessaire. Le vol s'est bien passé, les conditions météo étaient un peu agitées, ça bougeottait, fallait constamment compenser, apparemment mon vol a été propre. L'atterro un peu moins, j'ai merdouillé, pas assez levé les bras, cap trop à gauche (aile pas assez horizontale) donc atterro un peu pourri, mais pas tombé.
Un parapente atterrit, un deuxième, un troisième, un delta aurait dû atterrir mais le gars, expérimenté en parapente, a préféré regretter d'être au sol plutôt que d'être en vol; c'est tout à son honneur. Le "monsieur d'un certain age" qui devait redescendre le minibus a donc pris la place du deltiste déchu...
Le voilà atterrissant avec son parapente. Ce sera le-dit deltiste qui descendra le minibus et mes spectateurs de parents. 30min plus tard, rien. 1h plus tard, rien. 1h30 plus tard, toujours rien; il ont galéré, embourbés dans le chemin. Retour à Bayonne, mes parents me confient qu'ils sont impressionnés par la concentration et les procédures prévol...
Dimanche 2 mai 4 heures de plat école avec le deltiste déchu à se refiler l'engin d'école pour faire des courses. Conditions ventesques rock'n roll mais bonne expérience. J'commence à dominer correctement... Des parapentes sont tombés dans les ronces et d'autres ont fait de la luge.
Mardi 5 mai Vol à Arburu, on est pas parti avec la premiere vague (parapentes) trop de zef. J'ai décollé en prems suivi de Rosera (l'autre deltiste) à la deuxième vague. Décollage nickel, j'suis bien content. Vol avec pas mal de vent de travers donc plutôt en crabe; atterro pas nickel: j'avais pas assez levé les mains, ça, mon garçon, c'est un problème récurent chez toi. Demain, mercredi, rdv 18h30 local pour vol, j'vais essayer de confirmer le déco et d'améliorer l'atterro.
Mercredi 6 mai "Venga!" On charge comme d'hab plein pôt tout le bordel dans et sur le camion puis c'est parti direction Arburu. Le français est au fond du bus, de toute façon, il comprend rien au dialecte local à part quelques mots (corones, cerveza,...) Ils arrêtent pas de tchatcher, je geôle qedal. Plus l'engin va lentement, plus ils parlent vite...??? Arrivés en haut, ça souffle un peu. Je monte ma machine. Les paras s'exercent au gonflage de voile, ça souffle encore trop; on glande un peu. Je comprends toujours rien à ce qu'ils racontent. Georges craque, il chope un casque, me taxe "mon" delta, s'approche du déco et part dans la seconde sans un brin de retenue; démonstration: accélérationne progggresssive, buste incliné, foulée aérienne, c'est doux, facile, le prof fait joujou. Il sera suivi du "monsieur d'un certain âge". J'me venge, "Venga!" J'prends les commandes de la camionnette qui doit être 2 fois plus longue et 3 fois plus lourde que mon AX. Je câle, recâle, m'embourbe, puis finalement c'est parti, à fond dans les petits chemins du parc naturel au commandes d'un tank chargé d'espagnols.
Bien évidemment, j'oublie de tourner à gauche pour aller chercher le prof dans son champ; marche arrière sur la route pour corriger la trajectoire (impensable en delta) et arrêt à chaque croisement (palabres ... en langue des signes, même les autochtones ne sont pas d'accord entre eux). Mission accomplie, Georges reprend les commandes, fait demi tour dans le chemin comme un Parigo, les pare chocs avant se souviendrons des talus... ce type serait un barbare...? Retour à Bayonne en bécane avec compensation du manque de sensations... faudra revoir le jeu des soupapes et la pression des pneus. POSITION ALLONGEE ;-)
Samedi 16 mai Départ 10h10, direction le SMAAP. Petit topo: Levage d'aile sur les épaules, course progressive, changement de position de main, foulées aériennes, décollage et prise de cap. Là, nouveauté réjouissante: la main droite se pose sur la barredecontróle, le pied droit entre dans le harnais puis vient le pied gauche et pour finir, la main gauche se pose sur la barre. Le tout à vitesse grand V. Le simulateur c'est aussi super pratique dans ce cas: je suis accroché à ma grue, au dessus de mon tapis roulant, en haut du champ réquisitionné aux chèvre et je peux m'entraîner à faire et refaire ce geste d'insertion dans le harnais jusqu'à l'exécuter à vitesse grand V.
Quand les mains quittent le montant du trapèze, je heurte légèrement les câbles avant d'atteindre la barre de ontróle. Corrigé facilement. Cependant j'ai l'impression que le harnais est un peu petit pour moi. Là, c'est cool, je suis allongé, la tête la première; çà, c'est l'idée que je me faisais du delta, ça se rapproche, yahooouuu! Programme habituel: virages simples, virages avec petite pichenette pour contrer l'inertie, longs dévers. Faut que je fasse bien attention à déplacer le trapèze de gauche à droite sans le tirer, laisser tomber les coudes pour avoir un geste plus décontracté, moins bouffeur de calories. Si je tire le trapèze, ça va me faire accélérer dans les virages alors qu'il faut que je gère ma vitesse, ma finesse, ça ne m'apporte rien d'accélérer; Georges me dit de jouer un peu avec la barre de contrôle, faire des petites poussées, des trucs comme ça...
Maintenant, il faut aussi faire translater le corps (le nombril) sans s'agripper à la barre, ça va , c'est jouable. Georges me met la pression, purée, mais arrête de m'engueuler, si c'est pas moi qui te mets la pressionnne, ce sera le vol! ... OK, OK... je soigne tout: regard, trapèze, corps...
Vient l'atterrissage: dans l'axe, 2-3 dérives latérales, une broutille; je sors les jambes l'une après l'autre pour presser (et non serrer comme un malade) le harnais par le haut. La grue s'abaisse, je suis en rase motte, le tapis roulant défile à une vitesse folle devant moi, une dérive latérale compensée avec la pichette inertique puis une deuxième. Je lève la première main pour saisir le trapèze au plus haut et là, pu... de plaque à la con dans le dos, pourquoi ils ont fait ça eux? J'arrive pas à saisir à une hauteur suffisante, tu m'étonnes que l'atterro est une phase délicate... si je fais ça, j'arriverais jamais à me poser proprement... pour la prochaine fois je me déboîterai les épaules pour réussir l'atterrissage. Hé oui, faut passer par là pour faire du delta...
Mercredi 20 mai 10h15, devant le local, Georges sort alors qu'on avait rendez vous à 10h30, VENGA! Et m... pas le temps de boire mon petit café préparé ce matin. L'accompagnant comme il se doit d'une bonne clope (pas biennnn) On charge le delta sur la galerie et c'est parti, direction le déco. Je ferai ce vol sans assistance au décollage, pas de problème, léger vent stable de nord. Montage, équipement, Georges descend à l'atterro, 10 min de glandage accroché au delta jusqu'à ce que la radio crache "tu peux y aller". Il fait super beau, le fanion me précise que c'est à peu près bon, c'est parti.
Déco nickel, je commence à longer le relief, absorbé par le paysage "Tu es trop à gauche", "OK", légère correction, c'est joli vu d'en haut, ohhhh, c'est bea! "Tu es trop à gauche!" Ouais ouais, d'accord; résultat des course, je me retrouve beaucoup trop bas au-dessus du premier marquage. Pas la possibilité de travailler les 8s au-dessus des 2 marques. Georges me guide vers l'atterro, je pousse trop tard, me vautre et me fais engueuler parce que j'ai fait n'importe quoi, pas assez concentré par le vol, j'ai trop décalé, trop perdu d'altitude, pas pû faire des 8s; il est vénère le prof, m'en veut, j'ai gâché mon vol, je lui fais pitié...
On replie, direction le SMAAP, un nouveau futur deltiste nous y retrouve, je fais un peu la gueule, mon café et ma clope siouplaît!...
Je travaille le vol allongé une petite demi heure, toujours un peu la tête dans le cul, exercices habituels; le nouveau prend ma place sous le delta factice; double café monoclope, c'est bon ça... C'est reparti, ça va mieux ( j'vais changer le titre de mon roman en ' envol d'un toxico' ), rien de fantastique à raconter. 13H30: à la bouffe, RDV 17h local. Super beau temps, un peu de vent, direction le SMAAP, jolies prise d'élan, positionnements simultané de la main sur le speed bar et le pied dans le harnais ( un côté après l'autre, rapidement ), bon déplacements du corps, à un moment Georges me dit même "PERFECTOOO" suite à un joli déco (comme il se la pête lui).
Je commence à mieux comprendre le jeu de mains à l'atterrissage, faut pas trop lever la première main qui saisit le trapèze sous peine de devoir se démembrer l'autre épaule pour saisir à la même hauteur. Le ciel s'assombrit rapidement, puis se noirci, le tonnerre tousotte, Georges m'arrête au milieu de l'exercice, on remballe tout vite fait, se dirige vers la camionnette, ça y est , il pleut , bienvenue au pays basque.
Jeudi 21 mai Aujourd'hui j'ai fermé le harnais (va falloir éviter de faire des noeuds avec les cordes ou de les mettre autour du speed-bar) durant les exercices sous le simulateur.
Vendredi 29 mai M..., j'ai oublié la déclaration d'impôts; m'en fouts, j'ai volé... Deux vols, toujours suspendu comme une patate sous mon aile d'école. Au chapitre des bêtises, en montant le delta, après vérification, Georges me demande de me détacher, appelle tout le monde et me montre ce câble de mat passant sous une latte puis se dirigeant vers son point d'attache... ça c'est fait. Entre la fois où j'avais oublié d'attacher le harnais en plat école, la fois où durant l'attente au déco je me suis aperçu que je n'avais pas fixé le mousqueton de la traverse flottante, et aujourd'hui, je crois que j'ai fais a peut près toutes les conneries envisageables... va falloir que je fasse gaffe...
Maintenant que je fais la check list du harnais, speed bar, traverse, bord d'attaque, lattes, fixations et câbles divers à voix haute faut que je rajoute une vérif visuelle de l'ensemble de la machine en prenant du recul... Bref, 2 vols un peu turbulents, déco nickel, faut que je replie les jambes en vol. L'atterro est encore à améliorer, au niveau du changement de mains: je change trop tôt... on verra demain... Préparation pour le 3°vol de la journée, on s'équipe, miss parapente partira en premier. Georges descend; 10 min plus tard il prévient qu'on peux y aller, le vent est très faible, changeant, la demoiselle est prête, petite bourrasque de nord, elle en profite, le chiffon se lève, elle coure dans la pente, buste bien engagé, fait quelques pas tête en avant, le vent change de sens, elle décolle pas, le chiffon auquel elle est accrochée se replie et s'affale , la voilà par terre; petit moment de panique dans l'assemblée mais tout va bien... le prof est avisé, on vole pas (j'veux y aller, j'veux y aller, je peux cavaler comme un bourrin moi m'sieur, steplaît... malheureusement, il n'a pas entendu mes appels silencieux...) Du coup on remballe les gaules et on attend sagement le taxi.
Le prof finira par me dire en privé "Faut que tu fasse attention, Pierre, concentrationnne, tu penses aux filles?", je suis penaud...
Samedi 30 mai M..., le vent est mal orienté, trop fort, c'est pas bon pour l'école. On trace vers le plat école, montage 1 aile pour 3 et 5 parapentistes accrochés à des parapentes. Quelques courses d'élan freinage, le vent se stabilise en diminution (j'sais pas comment on dit en aérologie... ) on range et va au déco, vent mal orienté, glandouille, tchatche en espagnol partout, j'comprend rien, oh! , une vache sauvage (j'sais pas comment en dit en paysan) au milieu des crottes de chèvre.... bref...
Georges se lève pour aller jouer, on l'aide à monter, petit vent sud, il va cavaler comme un ouf... j'me met un peu plus bas dans la pente normale; 'esta se passé del otro côte del collina' 'hein?' cavalage vers le déco sud qui n'existe pas. Georges se recule au taquet, cours sur le plat, attaque la descentette en foulées aériennes, volette par dessus le chemin à vaches, 2-3 pas, saute dans le trapèze pour poser ses pieds sur le speed bar, fait un rase-motte montant au dessus des 3 arbres défraichis, reprend un peu de vitesse pour faire le tour de la colline en position 'normale' jusqu'à l'atterro; ça va, il sait se faire plaisir lui...
Dimanche 31 mai Il fait beau, il fait chaud, il va pas pleuvoir, aujourd'hui je monte le funfex! Le delta est en 2 m, en petites coupures, je le connais pas, c'te bordel ;-) ... il m'as fallu 2h... pour le démonter 15min... je monte, tu démontes, il montes, nous démontons, vous montez, ils démontent... j'ai oublié quelques morceaux au tout début mais n'ai pas résisté à l'envie de courir dans le parc harnaché au funfex, juste une fois.
Petite bière avec mon collègue de parking moto, possesseur d'une avionnette de chasse allemande de la première guerre mondiale sortie de grange, suffisamment restaurée pour rouler sur la route, typée bobber rats à la béhème, qui m'as aidé, je monte, tu démontes, il montes, nous démontons, vous montez, ils démontent...
Mardi 2 juin 2 vols, le premier turbulent avec ascendance je pense : j'me sentait monter et j'avais l'impression que mon coeur descendait dans les chaussettes, j'suis arrivé super haut au dessus des marques et ai pu faire pas mal de virages, c'était cool, mise sur l'angle franche et sincère ( yahoo ), bonne gestion de l'incidence et de la vitesse en virage, de l'inertie en sortie, Georges m'as dit "Perrfectoo".
Deuxième vol pareil, moins agité. Les atterros étaient pas mal mais faut que je prenne un peu plus de vitesse avant l'arrondi mais sinon ça va ( c'est pas parfait non plus ) , quand j'ai pas assez de vitesse, j'arrive pas a faire des modifications de trajectoires franches, ça glisse au lieu d'accrocher, la conduite est floue, ça manque de franchise. Le changement de main bon en timing . Les poussés étaient pas mal, un peu trop tardifs mais loin des petits parachutage de la dernière fois,il faut dire que l'herbe était coupée à ras cette fois. Qu'est ce que c'est dur un bel atterrissage!
Mercredi 3 juin 1h de SMAAP avec le harnais couché. 1 vol debout, pas mal de vent, je prends taquet d'altitude, RAS. VENGA, on remonte vers le déco, cette fois, je troque le sac à patates contre le sac de couchage volant. En haut de la pente, le manche à air est bien orienté, bon petit vent de face ... c'est parti... course d'élan normale, envol, main droite sur speed bar et pied droit dans le harnais, puis au tour du côté gauche, ça accélère, le corps ne freine plus, je file, ça va beaucoup plus vite, le vent souffle sur les avant bras nus, je suis oiseau, c'est génial. Virage, translation du corps sur le côté, faut bien maîtriser le bas du corps, inertie, je balance tout un petit coup sec de l'autre côté puis revient au centre. ça continue dans la ligne droite, plein pot, j'effectue la série de 8s, translation du corps en évitant de tirer le speed bar, j'ai l'impression de sortir du virage avec moins de vitesse, me sent obligé de réaccélérer. Direction l'atterro, sortie des pieds, serrage de harnais. Prise de vitesse, arrondi, stabilisation, changement d'une main, contrôle, deuxième main, poussé, atterrissage pas terrible, la plaque dorsale y est pour quelque chose ( sans vouloir tout lui mettre sur le dos...).
Le précédent parapentiste s'étant fait une entorse, Georges occuppé à ranger son matos se contentera de me faire un signe du pouce pour me signaler la qualité de ma prestation ( tadam !!!) Je remet ça, d'habitude on entame le vol une fois que le précédent a atterri, le soleil va bientôt se couche, le parapente précédent entame les 8, on me fait signe que je peux y aller, décollage, je me dirige à vitesse grand V vers le chiffon volant, c'est la première fois que 'je vole avec quelqu'un d'autre', j'vais le croquer avec son truc... Atterro, le soleil a à moitié disparu, on remballe. Cela n'a rien à voir avec le vol en position verticale, la tête en avant suggère un engagement supérieur, il y a plus de vitesse, plus d'accroche dans l'air, plus de nervosité ( pourtant ce n'est qu'une aile d'école, un veau ) les gestes sont plus fins ( moins de balan vers le bas ), ça se conduit encore plus avec le regard, le bas du corps n'existe plus... c'est génial, franchement, le sport de glisse tridimensionnel dans toute sa splendeur aérienne...le mythe de l'homme oiseau réalisé, le rêve d'Icare... j'en ai un dans mon appart!!!
Vendredi 12 juin, début de soirée Un seul vol allongé, j'étais bien... mais atterro roulette ( j'ai queuté le trapèze en faisant le 2e changement trop tard ) :( le vent à tourné, Georges a pris le décollage qui n'existe pas avec le harnais allongé ... c'est joli un vol de delta... avec les verdoyantes montagnes basque en arrière plan ... et les vaches qui s'énervent je sais pas pourquoi ... |